La souveraineté numérique à l’ONU : Le mouvement mondial pour remplacer les géants du cloud américains par la technologie open source

Récemment, la semaine Open Source des Nations Unies a mis en lumière la nécessité croissante pour les États de se libérer de la dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américaines. Le thème central de cet événement était la souveraineté numérique, qui est désormais perçue comme une condition essentielle pour assurer le contrôle national sur les systèmes technologiques critiques. Une multitude de pays, d’Allemagne à la Tanzanie, a mis en avant l’importance de l’open source, de l’interopérabilité, et de l’intelligence artificielle ouverte pour établir cette souveraineté.

Les discussions ont révélé que la souveraineté numérique ne consiste pas à construire des infrastructures technologiques isolées, mais à posséder ses propres données et systèmes, tout en ayant la capacité de changer de fournisseurs sans compromettre les services essentiels. De plus, il a été stipulé que pour atteindre cette indépendance, il est impératif d’adopter des standards ouverts et des technologies open source.

L’Importance de l’Open Source

Selon Angellah Jasmine Kairuki, la Ministre des Affaires Légales et Constitutionnelles de Tanzanie, la transition vers des solutions open source représente un mouvement crucial pour passer de consommateurs passifs à des créateurs actifs de technologies. Elle a souligné que plus de 90 % des systèmes gouvernementaux en Tanzanie reposent déjà sur des technologies open source, soutenues par une législation favorable. Ce changement a également permis de former 500 fonctionnaires publics en tant que développeurs collaboratifs, reflétant ainsi l’idée que chaque nation peut créer une infrastructure numérique indépendante, quel que soit son niveau de richesse.

Souveraineté en matière d’Intelligence Artificielle

Au cours de cette semaine, la souveraineté numérique a aussi été liée à l’intelligence artificielle (IA). Sergio Gago, le directeur technique de Cloudera, a averti que la concentration de la donnée et des infrastructures dans les mains de quelques fournisseurs pourrait accentuer les biais et limiter l’accès à des systèmes équitables. Pour garantir une IA souveraine, il faut disposer de la liberté de poser des questions critiques sur la gestion des données, les accès, et la continuité des opérations.

Points de vue Européens sur la Souveraineté

Du côté européen, des voix comme celle de Louise McKeever, nouvelle CIO du gouvernement irlandais, ont souligné que la souveraineté numérique ne doit pas être perçue comme un besoin d’ériger des barrières, mais comme une opportunité d’exercer un contrôle significatif dans un écosystème mondial interconnecté. Ce point de vue appelle à une connexion équilibrée entre le choix et la résilience, tout en conservant un accent sur l’adoption de technologies ouvertes.

Conclusion

Dans l’ensemble, la semaine Open Source de l’ONU a illustré un tournant important dans la façon dont les pays s’attaquent à la question de la souveraineté numérique. En remettant en question la dépendance à l’égard des géants technologiques américains, ces nations envisagent un avenir où l’open source devient la base de la souveraineté numérique. Alors que les États-Unis semblent s’opposer à cette tendance, arguant d’une perte d’innovation, le consensus parmi les nations participant à cette discussion est que l’open source est l’avenir de la technologie, et non un obstacle à l’avancement.

Pour en savoir plus sur ce sujet passionnant, consultez l’article original sur ZDNet ici.