L’événement UN Open Source Week a marqué une étape cruciale dans la quête de souveraineté numérique, un concept de plus en plus adopté par de nombreux pays souhaitant réduire leur dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américaines. Des responsables gouvernementaux et des experts en technologie, provenant de divers pays comme l’Allemagne, l’Irlande, le Maroc et la Tanzanie, ont illustré l’importance croissante des logiciels libres et des infrastructures ouvertes comme un moyen d’acquérir un contrôle national sur leurs systèmes numériques critiques.
Pourquoi la Souveraineté Numérique ?
La souveraineté numérique ne se limite plus à des efforts isolés de chacun des pays. Il s’agit maintenant de posséder des données et des infrastructures, tout en ayant la capacité de changer de fournisseur ou de modèle sans compromettre des services essentiels. La solution à cette problématique passe par l’adoption de normes ouvertes et de technologies open source.
Des nations du Sud Global, qui subissent également les effets de cette dépendance envers des géants comme Microsoft ou Google, se tournent également vers des solutions open source. Par exemple, Angellah Jasmine Kairuki, Ministre tanzanien des Affaires Juridiques et Constitutionnelles, a affirmé que son pays passait de « consommateurs passifs » à « créateurs actifs » de technologie grâce à un cadre juridique propice à l’open source. Aujourd’hui, plus de 90% des systèmes gouvernementaux en Tanzanie reposent sur des technologies open-source.
Intelligence Artificielle et Souveraineté
L’intelligence artificielle (IA) a également été un thème central. Des experts ont soutenu que la concentration des données et de l’infrastructure entre les mains de quelques fournisseurs rapides pourrait multiplier les biais existants. L’importance de l’interopérabilité et d’une infrastructure de données ouverte a été soulignée comme conditions nécessaires pour empêcher les interruptions lorsqu’un fournisseur change de politique ou de modèle commercial.
Une Vision Collective
L’événement a permis de redéfinir la notion de souveraineté numérique comme une opportunité de choix et de résilience. Louise McKeever, la nouvelle Directrice des Systèmes d’Information du gouvernement irlandais, a expliqué que le contrôle numérique devient désormais une question de sécurité nationale. La stratégie « open source first » d’Irlande vise à garantir que toutes les services publics soient disponibles et largement utilisés en ligne.
Les discussions ont également abordé le rôle des Open Source Program Offices (OSPOs) comme instruments clés pour mettre en pratique la souveraineté numérique. Ces bureaux peuvent faciliter la collaboration entre les gouvernements et les communautés open source, tout en fournissant une couverture légale pour les fonctionnaires qui souhaitent contribuer à des projets open source.
La Réaction des États-Unis
Il est important de noter que le gouvernement américain reste en opposition à cette tendance vers la souveraineté numérique. Jacob Helberg, sous-secrétaire d’État pour les affaires économiques, a exprimé des inquiétudes, affirmant que des efforts pour atteindre une souveraineté numérique ne mèneraient qu’à « une sorte de médiocrité synchronisée ». Ce point de vue a été rapidement contesté par d’autres participants, qui ont souligné que l’open source représente un avenir viable et innovant.
Conclusion
Alors que la dynamique de la souveraineté numérique se renforce au niveau mondial, elle réaffirme la nécessité d’un système numérique inclusif, où le pouvoir est entre les mains des nations et de leurs citoyens, plutôt que des géants technologiques. Cette transition vers des solutions open source et une infrastructure partagée pourrait offrir une voie prometteuse pour atteindre l’indépendance numérique.
Pour en apprendre davantage sur cette évolution, consultez l’article complet sur ZDNet : Digital Sovereignty: A Global Push to Replace US Cloud Giants with Open Source Tech.