La Souveraineté Numérique : Une Révolution Mondiale au Sein de l’ONU

La question de la souveraineté numérique était au cœur des discussions lors de la semaine dédiée à l’Open Source de l’ONU, où se dessine une tendance mondiale visant à remplacer les géants américains du cloud par des solutions open source. L’événement a révélé un consensus croissant selon lequel l’infrastructure technologique critique doit être encore plus décentralisée, interopérable et surtout accessible à tous les pays, particulièrement ceux du Sud global.

Qu’est-ce que la Souveraineté Numérique ?

La souveraineté numérique est la capacité des nations à contrôler leurs technologies, leurs données et leurs systèmes numériques. L’idée centrale est de s’affranchir de la dépendance vis-à-vis des multinationales américaines comme Microsoft, Google et Amazon Web Services. Au lieu de cela, de nombreux pays, notamment en Europe et en Afrique, cherchent à bâtir des infrastructures numériques basées sur des technologies open source.

Des Déclarations Engagées

Des personnalités comme Angellah Jasmine Kairuki, ministre des Affaires constitutionnelles et légales de Tanzanie, ont évoqué le besoin de passer « d’une consommation passive à une création active de technologies ». La Tanzanie a déjà vu plus de 90 % de ses systèmes gouvernementaux passer aux technologies open source, ce qui témoigne de cette transition vers l’autonomie numérique.

Kairuki a souligné l’importance de la réglementation, mentionnant plusieurs lois mises en place pour renforcer la protection des données et l’infrastructure numérique nationale. Son message était clair : « Avec les bonnes règles et le personnel adéquat, la construction d’infrastructures numériques indépendantes n’est pas un privilège réservé à une élite ».

Souveraineté et Intelligence Artificielle

Des experts comme Sergio Gago, CTO de Cloudera, ont abordé les défis liés à l’IA dans le cadre de la souveraineté numérique. Il a expliqué que la centralisation des données et de l’infrastructure augmente le risque de biais dans les algorithmes d’IA. Par conséquent, la souveraineté numérique devrait comprendre un accès clair et direct aux données, ainsi qu’un contrôle sur les modèles d’IA.

En Europe, des voix comme celle de Louise McKeever, CIO du gouvernement irlandais, mettent l’accent sur l’importance de maintenir le contrôle sur l’infrastructure numérique pour renforcer la résilience face aux risques géopolitiques.

Un Appel à l’Action

L’Open Source a été définie comme indispensable pour atteindre la souveraineté numérique. Une approche collaborative, où les États, les entreprises et les communautés s’engagent à co-financer et maintenir l’infrastructure Open Source, pourrait réduire la dépendance à l’égard de quelques fournisseurs.

Les discussions ont également porté sur la nécessité de créer des Agences Technologiques Souveraines, qui seraient responsables de l’adoption des technologies open source et de leur intégration dans les services publics.

La Résistance Américaine

Cependant, cette volonté mondiale se heurte à une résistance des États-Unis. Des représentants américains expriment leurs inquiétudes quant à une éventuelle « médiocrité synchronisée » qui résulterait de la dépendance accrue à l’Open Source, tels que l’a exprimé Jacob Helberg, le sous-secrétaire d’État aux affaires économiques.

Conclusion

La souveraineté numérique est un mouvement grandissant qui va bien au-delà des frontières nationales. L’open source apparaît comme la clé pour réaliser une infrastructure numérique indépendante, accessible et résiliente. Au fur et à mesure que ce phénomène évolue, il est important que chaque pays dépasse la simple intention de mise en œuvre technologique pour s’engager activement dans le processus de création collaborative dont ses citoyens peuvent bénéficier.

Pour en savoir plus, consultez l’article complet ici : ZDNet.